RSS

Macron, le candidat du recul social et du passéisme libéral

Si en 2017 le candidat Macron avait pu tromper son monde en se présentant comme le candidat d’un monde nouveau, transcendant la gauche et la droite, le président-candidat de 2022 ne peut plus en dire autant. Depuis son intervention dans un long monologue empreint d’autosatisfaction sur son propre bilan, le 17 mars dernier, le président Emmanuel Macron a précisé les grandes orientations de son programme. Sans grande surprise, celui-ci est libéral, anti-social voire réactionnaire par certains aspects. Et une fois de plus, Macron a fait la démonstration de son positionnement

Poutou, Mélenchon et l’utilité d’un vote

Porte-parole de Philippe Poutou, Olivier Besancenot, qui a gardé son sens de la formule, terminait son entretien sur France 2 dans le journal d’Anne-Sophie Lapix en lançant « Mieux vaut Poutou que Poutine ! ». Mieux vaut aussi l’ouvrier licencié en campagne que le Président des riches. Cependant – et Philippe Poutou en a pleinement conscience –, il n’est pas en mesure de signer le prochain bail à l’Elysée. Il reste donc à examiner quelle est la fonction de la campagne de Philippe Poutou et comment elle s’inscrit dans un

La falsification « sociale » du programme de Le Pen

Certes Marine Le Pen et son Rassemblement National sont xénophobes versant raciste accentué. Cela suffirait à en faire un danger public, même si l’outrance d’un Zemmour a tendance à faire oublier l’ADN du mouvement post-fasciste. A tort, puisque si Marine Le Pen a accepté de se caler sur des amis comme le Hongrois Orban l’amenant à tempérer un peu les diatribes anti-européennes tout en exhalant un souverainisme mortifère, elle n’a pas bougé d’un millimètre sur ses sujets de prédilection : l’immigration cause de tous les maux, dont une insécurité présentée comme

Poutine veut écraser toute opposition en Russie

Alors que les troupes russes font régner la terreur sur les Ukrainien-nes, les ministres de Vladimir Poutine prétendent vouloir une paix négociée. Mais la victoire étant hors de portée, la guerre du Kremlin se tourne vers le front intérieur, pour étouffer les voix dissidentes qui s’opposent à la guerre en Russie. Alexey Sakhnin, né aux débuts des années 1980, a été l’un des cadres du Front de gauche : une importante coalition liée au Parti communiste russe, fondée en 2008 et ouvertement opposée au pouvoir de Vladimir Poutine. L’objectif du Front

Du rapport du GIEC au vote Jean Luc Mélenchon

Avant d’entrer dans les détails, je vais rappeler le fonctionnement du GIEC qui a conduit à la production en 2021 d’une 6ème synthèse sur les bases physiques du changement climatique de plus de 6000 pages et en 2022 de ces conséquences sur les agroécosystèmes et les populations tout aussi volumineuse. Créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’objectif du GIEC est de fournir aux gouvernements tous les informations scientifiques requises pour élaborer des politiques climatiques. Des milliers de scientifiques du monde entier contribuent aux travaux

Cri d’alarme, injustice climatique et voeux pieux. Comment lire le dernier rapport du GIEC ?

Le rapport du Groupe de travail II du GIEC sur les impacts et l’adaptation au changement climatique lance un cri d’alarme strident : la catastrophe est plus grave que projeté par les modèles, ses effets se manifestent plus vite et tous les risques grandissent. Les pauvres, les peuples indigènes, les femmes, les enfants et les personnes âgées sont de plus en plus menacés, surtout dans les pays du Sud global. Les politiques suivies pour limiter les dégâts sont inadéquates, vont à rebours de la soutenabilité et creusent les inégalités sociales.

La guerre en Ukraine et l’anti-impérialisme aujourd’hui. Une réponse à Gilbert Achcar

Partons de ce constat : il y a aujourd’hui, au sein de la gauche de gauche, celle qui s’est mobilisée contre les guerres impériales des dernières décennies, des approches différentes et, sur certains points, divergentes sur la guerre en Ukraine. En Europe et, plus largement, dans les pays « occidentaux » (ce terme problématique prend néanmoins dans ce contexte une signification plus précise), les positions de soutien à la Russie sont marginales. Même les partis communistes ouvertement nostalgiques de l’URSS tels que les partis grec et portugais ont condamné l’invasion russe, qualifiée de « guerre impérialiste », et souligné

Cuba 11 juillet 2021, « un avant » et «un après »…

Depuis l’explosion sociale du 11 juillet 2021 à Cuba, les interprétations des évènements relèvent plus des présupposés idéologiques de leurs auteurs que d’une analyse géopolitique. La crise tant de fois annoncée1/, espérée par certains, crainte par d’autres, est là. L’espoir suscité par l’ouverture initiée par Barak Obama d’une atténuation des sanctions économiques financières et commerciales brutales imposées depuis six décennies par Washington s’est révélé vain. La parenthèse Obama refermée, l’administration américaine est revenue à la doctrine exprimée par Georges W. Bush considérant « Cuba comme une menace pour la sécurité

De la difficulté d’une politique internationale altermondialiste

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a fait non seulement entrer l’Europe et probablement le monde dans une nouvelle ère, mais pose des questions fondamentales à la gauche et plus globalement à tous les progressistes. Elle oblige à redéfinir ce que pourrait être une politique internationale de gauche. D’un point de vue géopolitique, la situation actuelle est caractérisée par trois éléments principaux : une grande puissance anciennement hégémonique, les États-Unis, voulant sinon le redevenir, du moins garder la main pour conduire les affaires du monde ; un pays qui auparavant était co-gestionnaire 

Mémorandum sur une position anti-impérialiste radicale concernant la guerre en Ukraine

L’invasion russe de l’Ukraine est le deuxième moment déterminant de la nouvelle guerre froide dans laquelle le monde est plongé depuis le début du siècle par suite de la décision américaine d’élargir l’OTAN. Le premier moment déterminant a été l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis en 2003. Elle s’est soldée par un échec total dans la réalisation des objectifs impérialistes étatsuniens. Le prix que l’Irak a payé – et continue de payer avec les pays voisins – a été énorme, mais la propension de l’impérialisme étatsunien à envahir d’autres pays

Les bénéfices du CAC 40 explosent, les salarié·es exigent leur dû !

Vite, une autre répartition des richesses. Par un télescopage bienvenu, le jour où la Une de l’actualité, jeudi 10 février, était braquée sur les bénéfices du CAC 40, et notamment ceux de LVMH, les salarié·es de plusieurs entreprises de maroquinerie du groupe LVMH débrayaient pour exiger une revalorisation salariale, contre l’annualisation du temps de travail visant à faire disparaître les heures supplémentaires, mais aussi pour dénoncer l’augmentation des cadences et les pressions exercées sur les salarié·es, mettant à mal la prétendue « attention » de la direction à leur égard